La cour
de Russie : les oeufs de Fabergé
| Après la révolution,
cette tradition se maintint dans d'autres cours royales et trouva un développement
exubérant à la cour de Russie, où le paroxysme " pascal
" sera atteint par la réalisation du très célèbre
bijoutier
Fabergé.
En 1884, le tsar Alexandre III lui commanda un oeuf de Pâques. L'oeuf en or émaillé de blanc contenait une poule miniature. Il devint alors le fournisseur officiel de la Cour. Il réalisa quarante quatre oeufs pour le Tsar Alexandre III et son fils Nicolas II : le portrait du tsar et de ses enfants, le yatch impérial, la statue équestre de Pierre le Grand. |
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Peter Carl Fabergé
Les
oeufs décorés les plus célèbres sont
sans aucun doute ceux créés par le bijoutier
Peter Carl Fabergé (1846-1920).
| L’oeuf commandé en 1884 par
Alexandre III fut le premier d’une longue série (plus de 40 au total)
réalisée pour les deux derniers tsars de la Russie Impériale.
La surprise contenue dans l'oeuf,
c'est une tradition qui remonte au XVIème siècle, et certaines
sont même passées à l'histoire tant elles étaient
exceptionnelles : c'est le cas de la statuette de Cupidon renfermée
dans un énorme oeuf de Pâques offert par Louis XV à
Madame du Barry, du brûle-parfum trouvé en 1770 par Catherine
II ou encore de la minuscule poulette cachée dans un précieux
oeuf conservé à Copenhague dans les collections royales du
château de Rosemborg.
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C'est justement ce dernier objet en or massif qui est à l'origine des célèbres oeufs impériaux russes que l'on doit à l'imagination de Peter Carl Fabergé, orfèvre du Tsar.
En effet, une princesse danoise - Dagmar - épousa le Tsar Alexandre III, prenant le nom de Maria Feodorovna, et décrivit à son mari cet objet qu'elle avait admiré plusieurs fois avec un tel enthousiasme et une telle nostalgie que celui-ci en commanda un tout à fait identique à l'orfèvre de la cour impériale.
On était en 1885 : dès lors, tous les ans à Pâques, l'artiste génial inventa une nouvelle merveille, de plus en sophistiquée, et l'offrit à sa souveraine.
Cette tradition plaisait beaucoup à Nicolas II qui, couronné en 1896, offrait de splendides exemplaires à sa mère et à son épouse, et on estime qu'entre 1885 et 1916, pas moins de 56 joyaux sont sortis de l'atelier magique de Fabergé.
Avec le temps, la fabuleuse collection des Romanov a été dispersée, mais on sait qu'une dizaine de ces oeufs de Fabergé sont au Kremlin, deux autres appartiennent à la reine Elizabeth II et 12 autres ont été achetés par Malcom Forbes, éditeur et écrivain américain.
Il arrive que quelques-unes de ces
oeuvres exceptionnelles apparaissent sur le marché international
de l'art et atteignent des prix vertigineux : la dernière vente
remonte à 1994, quand Christie's adjugea le Winter Egg pour 3,5
millions de livres. Ces chiffres tout à fait prodigieux se justifient
par le fait que ces objets sont de véritables chefs-d'oeuvre, encore
que de petite taille.