A Pâques, le chocolat se déguise en oeuf, en poule, en poisson, en cloche, ou en lapin.

 
En France et dans les autres pays européens les cloches ne sonnent pas du Vendredi Saint au Dimanche de Pâques. 

Une légende dit que les cloches se rendent à Rome où elles se chargent d’oeufs de Pâques qu’elles répandent à leur retour dans les jardins. Les enfants n’ont alors plus qu’à les chercher.

Depuis la nuit des temps, une mystérieuse chasse aux trésors s'organise au petit matin de Pâques : les enfants et les adultes gourmands se ruent dans les jardins, à la recherche des oeufs, cloches, cocottes, lièvres et autres gourmandises en chocolat.

Le jour de Pâques, au XIIIème siècle, à Paris, les clercs des églises, les étudiants de l’Université ainsi que les jeunes gens des différents quartiers s’assemblaient sur les places publiques et formaient un long cortège en tête duquel on retrouvait bannières, tambours et trompettes.

Ils se rendaient en choeur sur le parvis de l’église cathédrale, où ils chantaient une partie de l’office appelée "Laudes" puis ils s’éparpillaient dans les rues où ils faisaient la quête des oeufs de Pâques.
 

La tradition allemande veut, pour les enfants, que ce soit un lapin blanc invisible qui les cache.

Aux États-Unis et en Alsace, c'est un lièvre ; en Thuringe, une cigogne ; en Westphalie, un renard ; en Suisse, un coucou.

Si les adultes préfèrent les oeufs en chocolat noir, légèrement amer, la plupart des enfants apprécient, au retour des cloches, des oeufs ou autres bonbons en chocolat au lait, doux et sucrés.

La création de ces gourmandises au chocolat passe par la technique du moulage, qui existe depuis le milieu du siècle dernier.

Un oeuf précieux, un lapin rieur ou une cocotte fièrement enrubannée cachent en leur ventre mille et une douceurs en chocolat... quelque soit les formes ou les goûts, un week-end pascal placé sous le signe de la gourmandise s'annonce !

La tradition d’offrir des oeufs décorés, teints ou travaillés est bien antérieure au christianisme.

L’oeuf est sans doute le plus vieux et le plus universel symbôle de vie et de renaissance notamment et de multiples rituels lui ont été associés depuis la nuit des temps.
 

Ainsi, les égyptiens et les perses avaient pour habitude de teindre des oeufs aux couleurs du printemps et de les offrir à leurs proches pour symboliser le renouveau de la vie.
 

En Ukraine, l’acte de décorer les oeufs (appelés alors pysanky) était rituellement associé à la venue du printemps dès la préhistoire.

Dans l’antiquité gauloise, les druides attribuaient des qualités merveilleuses à l’oeuf de serpent (pierre en forme d’oeuf), qu’ils croyaient formée de bave que jetaient les serpents lorsqu’ils étaient entrelacés.

Quand ils en avaient trouvé un, ils s’en saisissaient et s’enfuyaient au galop. Ils pensaient que les serpents ne cessaient de suivre le cavalier que lorsque une rivière les séparait.

La tradition voulait que l’on s’envoit des oeufs teints en rouge ou en bleu et bariolés de diverses couleurs entre parents, amis et voisins. Enfants et domestiques recevaient également des présents.

Ces oeufs de serpent ne seraient en fait rien d’autre que des oursins fossiles qui abondaient dans certains coins.

Dans le courant des deux derniers siècles, on portait, à l’issue de la messe de Pâques, des corbeilles d’oeufs dorés dans le cabinet du roi, qui les distribuait à l’assistance. On dit que Louis XIV fit parvenir à Melle de Lavallière un oeuf de Pâques contenant un morceau de la vraie croix. Quant-à Louis XV, il distribuait à ses courtisans des oeufs gravés ou peints.

Watteau, Bouchet, Lancret en décorèrent qui devinrent de véritables oeuvres d’art.

Sous l’empire, on offrait aux élégantes des oeufs en sucre candi ornés de fanfreluches et garnis de friandises. Et Mallarmé écrivait des vers sur ceux qu’il offrait.


Le pyssanka

C'est en Europe de l'Est que la tradition des oeufs de Pâques est la plus vive.

On la pense bien antérieure à la fête chrétienne. Décorés ou peints, ces oeufs s'offrent le jour de Pâques.

En Ukraine comme en Pologne, l'oeuf de Pâques s'appelle le Pyssanka
l'oeuf écrit, car coloré ou peint est en effet chargé de symboles : 
étoiles, soleils, svastika, cercles qui font partie d'un répertoire au même titre 
que la croix, le triangle, la ligne brisée ou l'ondulation, motifs figuratifs, animaux 
et végétaux, rarement la figure humaine.


 

Pourquoi un lièvre dans la symbolique de Pâques ?

Le lièvre se manifeste tout particulièrement au printemps, sa saison des amours. Il est également associé aux valeurs du monde souterrain. Il est symbole de fécondité, animal fétiche de la déesse du printemps Ostara. Enfin, il a une signification chrétienne : en effet, le Christ est parfois symbolisé par un lièvre, ouvrant toutes grandes ses oreilles, pour écouter la Parole de Dieu et la mettre en pratique.